Calendrier liturgique 2011 !

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L’avenir du christianisme comme éthique évangélique

L’avenir du christianisme comme éthique évangélique (extraits d’une conférence de Joseph Moingt)

Quels hommes l’Évangile nous invite-t-il à devenir? Quelles communautés mettre en place pour y parvenir? Quel rapport y a-t-il entre notre appartenance à la foi chrétienne, notre volonté d’être chrétien et cette démarche d’humanité, d’humanisation, de devenir davantage homme?

Quatre points.

- Les révolutions du monde arabe. Quelles réflexions cela nous inspire?

- Et nous comparerons ce qui se passe dans le monde arabe avec ce qui s’est passé et qui se passe de nos jours dans le monde occidental, dit chrétien;

- Quel avenir du christianisme sous l’horizon du retrait de la religion?

- En conclusion : le christianisme comme éthique plutôt que comme religion.

1er point : Qu’est-ce qui se passe dans le monde arabe ? Comment peut-on l’interpréter ?

Ce que je vois dans ces révolutions arabes, c’est la désagrégation d’un espace social qui avait été cimenté par la religion. Je ne dis pas que c’est la destruction de la  religion islamique. Non. Tout le monde sait qu’il doit y avoir des groupes islamistes en embuscade qui vont chercher à profiter de cette révolution arabe. Mais je vois d’abord que c’est l’espace social qui avait été, et qui est encore, cimenté par la loi religieuse, par la charia, par la loi coranique, qui se décompose, qui se déconstruit.

L’esprit du monde occidental envahit en ce moment le monde arabe. Or qu’est-ce que c’est que le monde occidental ? C’est un monde qui est sorti de la religion. Je ne prétends pas que les révolutions arabes sont une lutte contre la religion islamique mais je veux dire qu’elles sont en train de détruire une culture de société qui a été façonnée par plusieurs siècles d’islamisme, sept ou huit siècles. Et donc, ce qui s’écroule, c’est la société archaïque, la société patriarcale dont la religion était le lien social.

La société n’a plus besoin de la religion comme lien fédérateur, comme lien associatif. Dans le monde archaïque, toutes les sociétés sont construites sur l’union du religieux et de la politique. C’est ce monde-là qui est en train de s’écrouler, qui a commencé à s’écrouler dans le monde occidental depuis le début du 18ème siècle, encore que cela n’est devenu évident que vers la fin du 19ème et surtout au 20ème. Mais c’est un phénomène  mondial.

Donc révolution des classes moyennes qui n’admettent plus un pouvoir théocratique, qui n’admettent plus que tous les compartiments de la vie familiale, de la vie sociale, de la vie politique soient dominés par un pouvoir théocratique. Et donc des sociétés qui affranchissent leur vie, des gens qui veulent affranchir leur vie familiale, leur vie conjugale, leur vie sexuelle, leur vie privée, leur vie culturelle etc., qui veulent l’affranchir de la coutume, la coutume qui s’est imposée au nom de la religion et à travers des siècles de pression religieuse.

Deuxième point : comparer cela avec ce qui s’est passé et se passe en Europe.

Qu’est -ce qui s’est passé dans le mouvement des Lumières au 18e siècle? C’est que la société a voulu se dégager des tutelles religieuses. Tutelles religieuses qui s’exerçaient soit directement, par le fait des autorités religieuses, des évêques, du pape, mais soit aussi sous la forme des lois et des coutumes.

Ce que l’on a appelé tantôt  phénomène  de sécularisation, tantôt de laïcisation, c’est que la religion sort de l’espace public; elle est reléguée dans l’espace privé. Et l’espace public est celui de la raison commune, donc de plus en plus régi par la loi civile, mais la loi civile interprétée comme l’expression de la volonté commune, une volonté générale. C’est cela qui est la démocratie.

Un historien français du 17ème siècle, Jacques Lebrun a vu que les Lumières ont été la sécularisation des valeurs chrétiennes, les valeurs chrétiennes devenues un bien culturel, un bien commun, un bien déconfessionnalisé. Qu’est-ce qui attend le christianisme sous l’horizon de la sécularisation?

On peut dire un effondrement de la foi lorsque la foi n’est que l’assentiment aux pratiques et aux croyances communes à une société. Quand s’écroule le lien religieux, la tradition religieuse de cette société, la foi personnelle s’en va, parce qu’elle n’est que croyance, elle n’est qu’assentiment à des croyances communes. Et cela est surtout le cas quand des chrétiens, des individus croyants, convaincus, ont dû se libérer des autorités religieuses pour conquérir une liberté de pensée et de parole.

L’Église actuelle, mise sur la re-sacralisation de la vie en Église, sur la restauration des traditions. Un clergé nouveau, un clergé rajeuni et qui est devenu beaucoup plus traditionaliste et légaliste que le clergé que vous avez connu.

 À quoi cela peut-il aboutir? A une reconquête? Non, l’Église cherche à se donner plus de visibilité.  Est-ce que nous pouvons espérer que cela redonnera la foi à ceux qui l’ont perdue. À mon avis, cela n’aboutira qu’à une Église sectaire, qui se coupera de plus en plus du monde sécularisé et donc, on va nettement vers un christianisme minoritaire.

Troisième point : Quel peut être l’avenir du christianisme sous l’horizon de retrait de la religion?

Je viens de parler d’un christianisme devenu minoritaire mais il faudrait peut-être que je corrige l’expression et que je parle davantage d’une Église minoritaire, parce qu’en fait, le christianisme, s’est répandu en dehors de l’Église. Le christianisme déborde de l’Église. Voilà un phénomène  dont il faut se rendre compte. On perd des valeurs de solidarité, des valeurs de fraternité, toutes les valeurs qui avaient formé la société française et qui venaient d’où? La devise de la République « liberté, égalité, fraternité », ce sont des idées qui viennent du christianisme, mais qui ont mûri en dehors de l’Église où les autorités religieuses ne leur avaient pas donné droit de cité. Liberté, égalité, fraternité, solidarité sont des idées chrétiennes, des idées évangéliques. Mais c’est un christianisme hors religion.

Ce ne sont pas des idées chrétiennes qui se sont répandues propres à la foi chrétienne en tant que telle, mais des valeurs chrétiennes. Des valeurs portées par le christianisme. Dans lesquelles, nous chrétiens, nous devons reconnaître l’esprit de l’Évangile.

Il y a là un patrimoine du christianisme. La tradition chrétienne s’est répandue par deux voies. Par une voie ecclésiale, mais aussi par une voie philosophique. Il y a une tradition philosophique dont les chrétiens ne doivent pas se détourner, qu’ils ne doivent pas laisser dépérir. L’évangélisation doit être, non pas une reconquête de l’espace public, mais l’entretien de ces valeurs chrétiennes dans le monde sécularisé : en les laissant telles qu’elles sont devenues : communes, sécularisées. Il ne s’agit pas de les ramener dans l’enceinte de l’Église ou de vouloir leur faire porter à nouveau notre foi chrétienne. Mais nous les considérons comme des fruits du christianisme, des fruits que le christianisme a porté hors de l’Église. Nous avons à les entretenir par la conversation  avec ce monde. Une évangélisation, non, pas de reconquête mais de conversation, d’entretien où nous acceptons que nos paroles de croyants chrétiens se perdent dans les sables d’un monde sécularisé pour y entretenir ces valeurs dans lesquelles, nous chrétiens, nous reconnaissons l’Esprit de l’Évangile.

Nous n’avons pas besoin pour autant de nous en prévaloir et de dire cela vient de nous. Non, mais nous avons à nous préoccuper de les vitaliser, et pourquoi ? Parce qu’elles sont en très grand danger. La déshumanisation pointe partout. Nous la remarquons partout. Quand nous voyons se désagréger l’État social, ce que nous appelons l’État providence, – et malheureusement, on en parle maintenant pour s’en moquer – nous voyons que ce sont des valeurs chrétiennes qui sont en train de s’émietter, de se désagréger quand elles ne sont pas ouvertement combattues parce qu’elles empêchent ceux qui sont riches de devenir plus riches encore. Donc, il faut entretenir ces valeurs et c’est là la grande responsabilité des chrétiens, qui  ne doivent pas confiner leur esprit chrétien à faire vivre l’Église, mais à faire vivre ces valeurs évangéliques qui sont dans le monde sécularisé et qui sont menacées. Alors, pour cela, le problème pour nous-mêmes, chrétiens, c’est de garder la foi, puisque ces valeurs viennent de l’Évangile, elles viennent de la parole de Jésus.

Et quand nous regardons l’Évangile, nous n’y trouvons pas beaucoup de religion, peut-être même n’y trouvons-nous aucune religion. Nous reconnaissons bien sûr l’institution de l’Eucharistie dans le dernier repas de Jésus qui est un repas d’amitié. Il n’y a pas de code religieux dans l’Évangile, il y a de la foi, une foi en Dieu qui passe par la foi de Jésus en Dieu. Une foi qui n’est pas faite d’énoncés dogmatiques, il n’y a aucun  énoncé dogmatique dans l’Évangile, mais une foi qui est orientée vers une pratique humaniste.

Quelle peut être notre recherche de foi à l’intérieur de l’Église? Redécouvrir à quel point Jésus a humanisé Dieu. Nous dirons que le salut est dans l’humanisation de l’homme. C’est Jésus qui en a donné l’élan en humanisant Dieu, en nous apprenant à regarder Dieu comme le Père commun de tous les hommes, en nous apprenant à honorer Dieu, non en allant dans le temple; jamais il n’a entraîné ses disciples au temple dans des pratiques religieuses, en tout cas, l’évangile n’en parle pas. Mais il nous a invités à honorer Dieu par le pardon des offenses, par l’amour des ennemis. Aimer Dieu, c’est aimer son prochain, c’est le critère même de l’amour de Dieu. C’est en ce sens que Jésus a dit que le second commandement, l’amour du prochain, était égal au premier.

L’amour de Dieu, dans le christianisme, passe par l’amour des autres. Il n’est pas cantonné dans le temple. Il n’est pas cantonné dans les honneurs que nous rendons à Dieu dans les églises. Il passe par l’amour des autres. Il a sa source dans la révélation de Dieu comme Père, Père universel. Et Jésus nous l’a montré en fréquentant les pécheurs, en disant qu’il était envoyé aux pécheurs et aussi en poussant des pointes en direction du monde païen dans lequel son Église allait se développer.

4ème point : Comprendre le christianisme comme éthique plutôt que comme religion.

Que veut dire ce « plutôt que »? Je ne veux pas dire « au lieu de », je ne veux pas dire remplacer la religion par l’éthique, par la morale, d’autant plus que j’emploie le mot éthique plutôt que le mot morale. Jésus n’était pas un moraliste. Mais je dis éthique, c’est un code de mœurs qu‘il nous a donné, une invitation à inventer nous-mêmes une morale qui serait guidée par l’idée de la réconciliation, du pardon, de la fraternité, de la solidarité avec tous les autres.

Donc, je ne veux pas dire non plus qu’il faudrait réduire le rite au minimum, se contenter, par exemple, d’aller à la messe le jour de Pâques. Ce n’est pas sur ce plan quantitatif que je dis « plutôt que », mais je veux dire comprendre que le religieux chrétien ne fait pas abstraction de la relation à l’autre, même quand nous sommes dans des pratiques religieuses, à l’intérieur d’une église. Ce religieux-là, où l’on s’adresse à Dieu par le Christ, ne fait pas abstraction de notre lien aux autres.

L’Évangile n’est pas un code de pratique religieuse, il n’y en a pas. Mais il abonde en préceptes de justice et de charité. Comment va-t-on se comporter avec quelqu’un qui nous insulte. Jésus va nous inviter à aller au-devant de lui. Ça, ce n’est pas de la morale. C’est une éthique, une éthique de justice, de charité, etc. Et donc constamment l’Évangile nous invite à nous interroger sur notre comportement avec autrui. Est-ce que nous le traitons vraiment en frère, constamment? Et que pouvons-nous faire pour aider notre prochain ?

Il faudrait comprendre que le rite chrétien sacralise avant tout la relation aux autres; parce que l’espace sacré n’est pas le temple matériel. L’espace sacré, c’est notre corps, notre corps individuel et c’est le corps social que nous formons les uns avec les autres. L’Eucharistie nous apprend à respecter le corps que nous formons quand nous nous rassemblons autour de Jésus.

C’est cela le corps du Christ, c’est-à-dire tous ces hommes qui nous entourent, qui sont appelés eux aussi à entrer dans le corps du Christ, à former avec nous une seule et même humanité.




fin article (T1) - 2373 lectures depuis le 24 Sep 2011





Ils avaient écrit à leur évêque ...

Ils avaient écrit à leur évêque ...


Cher frère évêque,
C’est avec intérêt que nous avons pris connaissance, au cours des dernières semaines, des
interventions fort médiatisées d’un groupe de dix-neuf prêtres québécois et de la Conférence
religieuse canadienne. Parce que nous aimons notre Église et que nous la souhaitons de plus en
plus fidèle à l’oeuvre en Elle de l’Esprit, nous aimerions à notre tour te faire sincèrement part de
ce qui nous préoccupe afin que nous puissions, tous ensemble, poursuivre notre travail de
conversion à l’Évangile de Dieu.
Nous portons en nous, depuis fort longtemps parfois, une grande souffrance. Tout comme
toi, nous avons assisté, depuis une quarantaine d’années, au départ massif et souvent silencieux
de milliers et de milliers de catholiques québécois. Ce sont nos parents, nos frères et soeurs, nos
amis… Certains se sont tournés vers d’autres confessions religieuses ou ont cédé à
l’indifférence. Plusieurs autres qui, par ailleurs, avaient été des fidèles actifs et engagés,
continuent toujours à se nourrir de l’Évangile, mais se retrouvent aujourd’hui seuls et isolés.
Que s’est-il donc passé? Pourquoi ce phénomène? Quelle lecture pouvons-nous en faire?
Beaucoup de choses ont déjà été dites ou écrites à ce sujet mais se pourrait-il, qu’au-delà des
explications habituellement fournies, il y ait aussi dans cette situation, pour nous catholiques,
un signe de l’Esprit? Comment se fait-il que le fait de confesser la foi catholique dans le Québec
d’aujourd’hui soit souvent perçu comme anachronique et dépassé? Nous aimerions te faire part
de certaines de nos réflexions.
Notre expérience de fidèles nous amène à croire que notre Église demeure enchaînée à un
rôle qui se doit d’être actualisé. Tous, enfants de Dieu que nous sommes, cherchons appui et
conseil afin de nous rapprocher du message de Jésus. Dans cette recherche, nous attendons de
notre mère l’Église qu’elle nous accompagne, nous guide, nous accueille dans nos
cheminements et nos errances. En effet, le rôle d’un parent n’est-il pas d’élever son enfant, de le
guider vers sa voie, de lui permettre de découvrir la mission qui lui est propre afin qu’il
s’épanouisse et se développe totalement, et qu’enfin il participe au mieux être de sa
communauté? Nous ressentons que notre Église trop souvent impose, condamne et rejette
malgré un discours qui officiellement affirme le contraire. Il
n’est qu’à penser à la situation des divorcés pour le constater.
Alors que l’Évangile nous enseigne que Jésus ne réduit pas
l’homme à sa faute, le message de notre Église nous apparaît
souvent tout autre. Quand notre mère, dont l’amour trop
souvent nous étouffe et nous infantilise, acceptera-t-elle de
nous laisser devenir des adultes avec tout ce que cela comporte
de faux pas mais surtout d’humilité et de recommencements?
Quand la primauté de la conscience de ses enfants deviendra-telle
sa priorité, pour la gloire de Dieu?
Le point suivant a trait à l’absence de pasteurs au sein de
notre Église. En ce Québec du XXIe siècle, le nombre de
pasteurs fait cruellement défaut. Doit-on laisser perdurer cette
situation en se disant que le Maître enverra tôt ou tard « des
ouvriers pour la moisson », sans trop savoir comment, ou ne
devrait-on pas plutôt amorcer une réflexion sur la question de
l’ordination d’hommes mariés dignes de ce ministère, ou la «
réintégration » des prêtres qui ont cessé leur travail de pasteur pour diverses raisons d’ordre
personnel ou disciplinaire? N’a-t-on pas intégré dans l’Église romaine des prêtres anglicans
mariés?
Dans le même ordre d’idées, nous déplorons le fait que Jean-Paul II ait opposé une fin de
non-recevoir à la réflexion sur l’accession des femmes à la prêtrise, qui, bien que délicate et
complexe, mériterait à tout le moins qu’on poursuive un dialogue entre pasteurs, théologiens et
fidèles, et cela en communion avec les autres Églises chrétiennes. Enfin, il y a la question de
l’accession des personnes d’orientation homosexuelle au sacerdoce. À ce sujet, nous retenons en
particulier ce commentaire de l’ancien Maître des Dominicains, Timothy Radcliffe : « Je n’ai
aucun doute que Dieu appelle des homosexuels au sacrement de l’Ordre; et il s’en trouve que je
range parmi les prêtres les plus engagés et les plus impressionnants que j’aie connus. Et nous
pouvons présumer que Dieu continuera d’appeler des homosexuels autant que des
hétérosexuels à la prêtrise parce que l’Église a besoin des qualités des deux. »
La position actuelle de notre Église par rapport aux ordinations laisse pourtant de
nombreuses communautés sans la possibilité de célébrer l’Eucharistie de façon régulière. N’y at-
il pas là une position qui privilégie la règle humaine du célibat au devoir de tous les disciples
de Jésus de faire Eucharistie en mémoire de lui? Est-ce ainsi que l’on va « sauver l’Eucharistie »,
comme le demande le dernier synode romain?
En dernier lieu, il y a la question de la centralisation de notre Église. Cette centralisation est-elle
vraiment incontournable? S’il est vrai que l’Église est Une et Universelle, l’Église catholique
romaine, qui regroupe près d’un milliard de disciples, doit-elle être nécessairement Uniforme
d’un continent à l’autre? Nous avons parfois l’impression que cette centralisation agit comme
un frein au dialogue entre le clergé et le laïcat. Malgré les efforts faits récemment dans le cadre
du synode diocésain, nous ne ressentons pas réellement une volonté de dialogue de la part du
clergé en général. C’est pourquoi nous croyons en la nécessité de structurer un tel dialogue pour
le bien-être de notre Église et souhaitons que s’ouvre un débat véritablement libre entre le clergé
et le laïcat sur toutes ces questions, dans une écoute mutuelle et fraternelle. Il y va de l’avenir et
de l’épanouissement de l’Église dans ce coin du monde qu’est le Québec.
Nous sommes conscients que notre lettre peut te paraître dure. Nous avons fait cependant le
pari que nous serions accueillis dans nos doléances et nos souffrances et que ces paroles trop
longtemps réprimées trouveraient une oreille attentive. Nous aimerions vraiment poursuivre
un dialogue de coeur à coeur avec nos Pasteurs.
Nous voulons te souhaiter, ainsi qu’à tout l’épiscopat, une fructueuse visite à Rome. Que
l’Esprit du ressuscité nous accompagne tous dans notre pèlerinage commun vers Celui qui veut
nous rassembler dans l’Amour qui jaillit de son coeur de Père.
Tes frères et soeurs dans la foi,
xxx, xxx, xxx
auxquels se joignent des membres et ami-es de la communauté Copam
Source :http://copam.ca/index.php




fin article (T1) - 2413 lectures depuis le 16 Sep 2011





Du dehors au dedans : la vie intérieure

C'est le thème de la conférence donnée par le français Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, à l'abbaye de Saint-Jacut.

« Il a d'abord différencié religion et spiritualité, et explique que la religion crée un tissu social autour d'une croyance partagée, elle est la concrétisation de cette croyance, par l'établissement de dogmes, de règles, elle efface l'individu au profit d'un groupe. La croyance est dictée et transmise sans être discutée. La spiritualité est plus personnelle, plus introspective. Elle interroge sur des problèmes existentiels fondamentaux. C'est une recherche individuelle, libre de toute contrainte. Pour Frédéric Lenoir, « la religion relie, la spiritualité délie ».

« Tôt ou tard,on trouve Dieu »
Cette démarche spirituelle est propre à l'Homme, elle est censée lui permettre de trouver le bonheur. Mais il ne faut pas confondre bonheur et plaisir, ce dernier n'étant qu'éphémère. Il ne peut être égoïste, et doit se réaliser dans l'Amour. Mais surtout, il passe par la connaissance de soi. « C'est en nous que nous devons trouver nos réponses. Il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour chercher des réponses, mais tôt ou tard on le trouve ».

Pour Frédéric Lenoir, les trois grands maîtres de vie que sont Le Bouddha, Jésus et Socrate l'avaient déjà découvert, la vie est précieuse, et chacun doit apprendre à se connaître en profondeur pour être en paix avec lui-même et s'ouvrir aux autres. Mais, pour Frédéric Lenoir, cette quête ne peut se faire seule.

Nous avons besoin d'amour et de partage : « Comme il existe des longueurs d'ondes, il existe des longueurs d'âmes, et donc des familles d'âmes qui communient dans la même pensée, la même recherche. » Et cette recherche ne cesse jamais, poursuit-il : « On avance toujours, mais on n'arrive jamais, Il faut savoir qu'on ne sait jamais. Mais pourtant on progresse, c'est cette notion d'inachèvement qui nous fait avancer et toujours évoluer. »

Le philosophe a également répondu aux questions du public : « Pourquoi pas Mahomet ? » « Mahomet, Confucius ou Moïse n'ont pas séparé religion et politique, ils sont restés dogmatiques, n'ont pas créé de rupture entre leurs pensées et la religion » Autre question : « Doit-on transmettre sa religion à ses enfants ? » « Oui, mais de façon ouverte, en répondant à leurs interrogations et en leur permettant de découvrir d'autres croyances. Ils ont besoin de repère et de valeurs. »

Bernard Camugli, correspondant au journal Ouest France




fin article (T1) - 3454 lectures depuis le 21 Jun 2011





 

 

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